doigt qui coule

mai 14

“des désordres et parties molles”///Festival LE GRAIN DE LA VOIX///19-26 mai à Pau

Du 19 au 26 mai 2012 Festival LE GRAIN DE LA VOIX (poésie/chant/parole), à Pau - sous la direction artistique de Vanessa Caque & Thierry Escarmant

Dossier de presse : ici

“Des désordres et parties molles” sera lu par la compagnie Ecrire un mouvement le samedi 26 mai à 16h, quelque part rue Montpensier à Pau (infos/réservation au 05 59 40 72 93)

Dans « des désordres et parties molles », il est dit qu’on ne sait pas, qu’on chemine par tâtonnements, qu’on cherche, qu’on recherche, inquiet. Qu’on attend (par ex. : on attend quelqu’un, le carnaval ou un geste), qu’on tient, qu’on se maintient comme on peut.

« des désordres et parties molles » est parlé depuis soi. Ces mots partent numériquement de zéro, parce qu’il faut bien commencer quelque part. Le zéro est à entendre comme un point noir sur une carte en train de se faire. A partir de là, ça chemine par itérations, par va-et-vient, par à-coups, par glissements, par associations, par accidents, par contradictions et cetera. Ça se traverse de nœud en nœud, aussi. Tantôt dispersé, tantôt concentré, en tout cas incertain.

Ça parle de vertiges, du ne pas savoir, de désir, des empêchements, des possibles, du délire-monde, des bipolaires, de la colère, du carnaval, de l’impuissance, des résistances, du vouloir croire, de fuites, du vivant, des parties molles, de l’inutile, des sentiments, de la colique, de la société qu’on voudrait embrasser puisque dieu est mort, d’amour en fait. Je crois que ce texte est irrégulièrement traversé d’un peu tout ça, visiblement ou pas. Il est une tentative.

“des désordres et parties molles. de 0 à plus ou moins des quelques choses. ici de 0 à 7”

///extrait de 0///

”[…]

ESSAI poétique

} tentative qui sous-tend l’échec

ESSAI poétique

} où se déploie une pensée?

ESSAI poétique

} pour lâcher les prises

} pour ne pas maintenir les mots dans leur identité (G.Bataille)

} S’AUTRER – devenir autre/actuel

} Tenter de cerner (?) l’endroit dans lequel le JE existe ; échoué à lui-même

} Tenter de baliser l’éclatement de soi

} Tenter dans le nulle part de trouver l’ailleurs

Se vautrer dans l’autre ?

Se vautrer à soi-même ?

Note en rappel : ESSAI [politique donc ?] – avoir pour antonyme : réussite. Ne pas être pour réussir.

[…]

///extrait de 2///

[…]

je me tiens par là

je me trouve par là,

j’ai la tête au sol, le regard en pente, les pieds en air

j’ai la tête qui divague

la tête chercheuse

la tête qui cherche à plier

la tête qui se lance dans des pérégrinations

la tête traversée de questions insensées

j’ai la tête qui se demande ce que se racontent les gueules tranchées.

[…]

du devenir en expérience – s’accorder en un point :

petit un : on ne connaît des territoires que ce qu’on en traverse

petit un (bis) : la zone dit des (aux) êtres ce qu’ils en saisissent les sens vraqués

petit un (bis) : la zone dit d’elle aux êtres ce qu’ils en saisissent les sens vraqués

*****

résistez restez par là

et se saisir de l’écume quand l’inattendu s’émousse

résistez restez par là

par le se faire dessus dessous dans la vie

vous laisserez-vous étourdir ?

pourquoi pas, encore

[…]

///extrait de 5///

[…]

La carne, la viande du monde

Levare, ôter, retirer

attendre que la carne soit levée

attendre ce moment donné où le désordre des choses (le monde?) sera amené à se rétablir

en somme, attendre le moment du carnaval

} plusieurs échelles à la possibilité d’un carnaval (l’impossible arrive) : à l’échelle du d’un groupe, à l’échelle du de soi

[…]

///extrait de 7///

Le carnaval est un renversement des polarités :

(en acte provisoire)

Ex : dans la fête, celui qui porte la couronne, le roi, est toujours le plus laid, le plus malade, le plus faible.

} une histoire des polarités,

du nord du sud

du haut du bas,

est-ce là une histoire de géographie ?

alors, se faire provisoirement géographe des polarités.

Polarités = ici, deux pôles

ici, deux bouches

deux pôles en forme deux bouches

[…]

Mar 10

désordres et parties molles #quatre

désirer, surtout

traverser les pourtours des mots

suggestion pour désir :

Avoir le ventre et parties molles dans le creuset confortable de deux paumes de mains. Les pouces pressent chacun en un point précis juste en dessous des côtes. Ex.: “Ça me masse les parties molles”.

désordres et parties molles #trois

l’être entre les empêchements

l’être dans les interstices des empêchements

} ontologie en bordel, aussi (surtout)?

il y aurait des morceaux, des pointillés de morceaux, il y aurait les moi en morceaux, il y aurait les moi en pointillés

ne pas se sentir en pointillés comme on se sentirait en tirets – les tirets des moi sont des étirements comme des patatoïdes en volume

être un étirement en patatoïdes aux volumes rugueux, 

la rugosité des irrégularités.

*****

DES IRREGULARITES

être des irrégularités ; suivez mon doigt

être une désirrégularité (du désir donc)

SE DESIRREGULARITER

ou peut-être

SE DESIRREGULARISER nous-même

est-ce alors là où se rétablirait le désordre des choses? 

} revient la question suivante : tenter le carnaval à l’échelle des moi?

désordres et parties molles #deux

On attend. On est là par là à tenir. Tenir par là en attendant. Nous tenir mais pas vraiment, parfois ne nous tenons pas. Parfois, ce sont les choses autour. Les gens aussi autour qui nous tiennent, parfois c’est retenir. Tenir est retenir, nous retenir en attendant.

} attendre le carnaval à l’échelle du soi?

*****

je me tiens par là

je me trouve par là, 

j’ai la tête au sol, le regard en pente, les pieds en air

j’ai la tête qui divague

la tête chercheuse 

la tête qui cherche à plier

la tête qui se lance dans des pérégrinations 

traversée de questions insensées 

j’ai la tête qui se demande ce que se racontent les gueules tranchées.

Que se racontent ces têtes qui roulent tranchées par la guillotine, ces têtes d’hommes pendus à l’existence, dont le fil est tranché nettement, dont la tête est tranchée nettement, pour ne plus exister.

Parce que trancher c’est décider

les têtes décidées roulent au sol, dans la pente.

*****

les feuilles au sol et ne plus bien savoir comment on s’y prend dans la fugue

*****

des actuels

(quand de là il s’agit du 

en devenir autre) 

c’est quand mettre la main sur des bouts, sans modèle – en traverser les périls 

du devenir en expérience – s’accorder en un point : 

petit un : on ne connaît des territoires que ce qu’on en traverse

petit un (bis) : la zone dit des (aux) êtres ce qu’ils en saisissent les sens vraqués

*****

résistez restez par là

} éluder sans fin le compte des rats

et se saisir de l’écume quand l’inattendu s’émousse 

par le se faire dessus dessous dans la vie

vous laissez-vous étourdir ?

pourquoi pas, encore

pensons-nous alors le trouble ; vraiment

vous figurez-vous que de se sentir verser en boule, c’est bouger encore.

“Notre romantisme est rescapé d’un naufrage. Nous avons affronté des flots de bêtise et de résignation, mais nous n’avons pas chaviré. Ce naufrage a fait de nous les porteurs d’un temps contre le temps. Quel est notre idéal ? Il est improbable et bringuebalant.

Comment se porte notre volonté ? On lui a coupé les deux jambes, mais l’âme bouge encore.

A quoi ressemble notre révolte ?

Elle est celle d’un élégant qui n’est pas fat, ascétique à l’égard de la consommation, mais puissamment incarné pour dire toute l’épaisseur du monde. De cette élégance-là, j’aimerais voir le sursaut, une insurrection de chaque instant qui viserait non pas à rapprocher le temps qui sépare le désir de sa satisfaction, mais à les éloigner l’un de l’autre pour désirer surtout.”

Camille de Toledo, Archimondain, jolipunk (2002), Le livre de poche, pp.155-156

désordres et parties molles #un

le

la

les

en un

c’est comme dans une

anatomie du

qui

percé d’un trou

fermer les yeux pendant trois quatre secondes, puis regarder un objet éloigné

l’image est diffuse

tandis que le reste

ressemblerait à une écriture pour plus ou moins de personnages/de caractères

*****

Le bruit de la nuit, des résidus de trous et d’impasses stagnaient.

je suis une femme

je suis un garçon, ou peut-être suis-je cet homme-là

*****

je tu il et ou elle

les personnes du singulier

je suis nombreux

Je suis cette théière qui fuit, mais au moins je verse, mais à l’évidence, on ne verse pas toujours droit.

} être des fuites