doigt qui coule

écritures en cours (isabelle lassignardie) http://lassignardie.com http://lassignardie.wordpress.com

janvier 30, 2011 at 3:15pm
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la tête des mordus

bas côtés griffonnés sont les trottoirs ;

sur lesquels assis - injonction de se taire -

certains se font un trou ; un trou commensurable.

aux dimensions d’un homme -

un renfoncement où il se cale, les mains dans ses manches

 

lui dans son creux la bouche en sourire, les poignes planquées sous la fesse

la pince du froid lui glisse sur les cuisses ; on le crut abattu sur son assise

les vieilles ont les pattes gantées – la gueule étirée

 

à quai - lui - il attend le pas grand chose ; scrute les silhouettes contre plongeantes

alors à cet instant, il riait fort - les mains disparues, les manches trop courtes.

 

la rue d’en haut ; les perspectives écrasées, un trait incertain contourne les tracés parcourus

en va et vient ; des passages à l’angle

des galbes noircis ; apparition en négatif sur un ciel anthracite de ceux où des rayons pleuvent des trainées

 

mouillée, bonne femme à goûter, flanquée contre l’arbre

l’arbre en immeuble, dégaine humanisée, à câliner l’écorce.

 

qui sont les trottoirs ; des surfaces rayées encartées sur la voie publique

l’homme s’affale,

des privés déballent leurs codes 

en partage d’espace, chacun file sous les pas, les uns après les autres, dans les pas de l’autre

ne pas trébucher sur la vie extérieure

se balancer d’un point à un clou et se camper là

 

les mains au pouvoir nettoient sans cesse les pourtours des bas-côtés

place nette pour les vieilles dames en chapeau

sous les poils bien propres, les sans têtes qui marmonnent

fatiguant

 

s’en aller la tête des mordus