la tête des mordus
bas côtés griffonnés sont les trottoirs ;
sur lesquels assis - injonction de se taire -
certains se font un trou ; un trou commensurable.
aux dimensions d’un homme -
un renfoncement où il se cale, les mains dans ses manches
lui dans son creux la bouche en sourire, les poignes planquées sous la fesse
la pince du froid lui glisse sur les cuisses ; on le crut abattu sur son assise
les vieilles ont les pattes gantées – la gueule étirée
à quai - lui - il attend le pas grand chose ; scrute les silhouettes contre plongeantes
alors à cet instant, il riait fort - les mains disparues, les manches trop courtes.
la rue d’en haut ; les perspectives écrasées, un trait incertain contourne les tracés parcourus
en va et vient ; des passages à l’angle
des galbes noircis ; apparition en négatif sur un ciel anthracite de ceux où des rayons pleuvent des trainées
mouillée, bonne femme à goûter, flanquée contre l’arbre
l’arbre en immeuble, dégaine humanisée, à câliner l’écorce.
qui sont les trottoirs ; des surfaces rayées encartées sur la voie publique
l’homme s’affale,
des privés déballent leurs codes
en partage d’espace, chacun file sous les pas, les uns après les autres, dans les pas de l’autre
ne pas trébucher sur la vie extérieure
se balancer d’un point à un clou et se camper là
les mains au pouvoir nettoient sans cesse les pourtours des bas-côtés
place nette pour les vieilles dames en chapeau
sous les poils bien propres, les sans têtes qui marmonnent
fatiguant
s’en aller la tête des mordus